Elle a au plus profond d’elle-même ce sens du groove qui la pousse à donner de la vie à ses chansons, ce petit cachet bien particulier qu’elle partage avec des chanteuses comme Norah Jones ou Joni Mitchell et qui rendent les morceaux qu’elle compose et qu’elle interprète totalement irrésistibles. Une guitare ou un piano pour accompagner la voix suave de Sonya, il n’en faudrait souvent pas plus pour que le résultat soit formidablement sensuel mais au lieu de se contenter de simplicité et d’une certaine forme de dépouillement, la diva nous gratifie d’arrangements fouillés où l’on trouve tantôt de la steel guitar, tantôt de l’harmonica ou de la contrebasse, tantôt des percussions … Les titres invitent à la contemplation et qu’ils soient plutôt folk ou plutôt jazz, c’est toujours avec le même émerveillement que l’on traverse les miaulements, les feulements, les vocalises ou même tout simplement le chant d’une artiste qui ne manque jamais de trouver l’accord parfait entre sa voix, tour à tour noire puis blanche, et ses mélodies. De « Justine » jusqu’à « Without You », on traverse les plaines de l’Ouest américain puis on s’engouffre dans les clubs de jazz new-yorkais, effeuillant au gré des pistes des chansons attachantes, touchantes ou carrément les deux à la fois comme « I Still Want You », « Woodstock », « Love Comes Down To Love », « Songlines » et même l’exception francophone de l’ouvrage, « Sur le pont », que le public de l’hexagone ne manquera pas d’apprécier à sa juste valeur. On n’en attendait pas moins de Sonya Heller et en femme de cœur, elle nous offre tout simplement l’album idéal. Bravo !

























